Mardi 23 décembre 2008
En cette période de fin d'année, la mode est aux perpétuels classements et bétisiers. Les meilleurs albums, les meilleures chansons, les meilleurs groupes.... Personnellement j'ai toujours eu du mal à classer les groupes et les albums, à leur donner un numéro, à leur donner une note, un rapport chiffré correspondant à ce que je ressens .
Donc pas de ça ici. Pas de top 50, top 20 ou même top 10. Juste un petit rappel sur les albums qui m'ont marqué pendant l'année.
Une année 2008 qui aura été l'année des comebacks et des reformations (Guns'N'Roses, Metallica, AC/DC, Smashing Pumpkins...) dont au final on n'en retiendra vraiment qu'un nom: celui de Portishead et de leur sublime Third. Un retour en force du trio, après onze années d'absence pendant lesquelles on n'avait qu'un album live, bien croustillant, à se mettre sous la dent. Et un retour en forme de renouvellement, de coupure avec le passé. Une ambiance sombre et froide moins portée par la voix de Beth Gibbons que par la guitare de Adrian Utley et les beats électros de Geoff Barrow. Expérimentation de tout instant, l'album est également chargé d'émotions et s'impose indéniablement comme un chef d'oeuvre.
Passé plus inaperçu, mais tout aussi splendide, le cinquième album de Shearwater, Rook, fait partie de ceux dont il faut se souvenir. Et on est prévenu d'entrée par le magnifique On The Death Of The Waters: des mélodies et des arrangements magnifiques, une voix de cristal, un lyrisme omniprésent et des paroles alarmantes sur l'influence de l'homme sur la nature et le monde qui l'entoure. On pense à Arcade Fire, à Radiohead, à Morrissey... Que de grandes références pour cette petite merveille venant tout droit du Texas, où tout n'est pas forcement bourrin.
Et tant qu'on y est, on y reste, au Texas et plus particulièrement à Austin avec les Black Angels et leur rock psychédélique comme on en entend plus de nos jours et qui rappelle les légendes du lieu, les 13th Floor Elevators. Directions To See A Ghost offre un son imposant et lourd où la voix est un instrument comme un autre et se retrouve au même niveau sonore que le mur de guitare noyé dans les reverb. L'album est parfaitement construit, tellement qu'il est presque impossible de sortir une chanson du lot compact et complétement hypnotique. Une magnifique confirmation après Passover sorti deux ans auparavant.
On retiendra également le mélange de pop fêlée et de folk des Dodos qui vaut vraiment le détour, la garage rock toujours aussi ravageur de Brimstome Howl, la pop aux couleurs africaines de Vampire Weekend encore plus euphorisante en live qu'en studio, le folk venu de nulle part de Fleet Foxes ou le piano et la voix troublante de Emily Jane White, qui rappelle un peu le White Chalk de PJ Harvey... Et encore d'autres albums pourraient prétendre figurer dans cet article mais il faut bien savoir s'arrêter.
Au final, malgré quelques déceptions comme le Vantage Point de dEUS ou Romance at Short Notice des Dirty Pretty Things maintenant séparés, le cru 2008 s'avère de bonne qualité (mais peut être un peu en dessous des années précédentes) et recèle de nombreuses pépites, dont d'autres encore qui ont dû m'échapper.
Et vous, vos albums de l'année?
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